Suppression de la licence : quelles garanties pour le consommateur ?

Après avoir été débarrassé de ses aspects les plus polémiques, l’ex-Directive Bolkenstein, dite aujourd’hui Directive des Services, doit être prochainement transposée dans la législation française.

En tant que service, le tourisme est concerné. Ici comme ailleurs, l’objectif est de simplifier au maximum les conditions d’exercice du métier d’agent de voyages.

Pour y arriver, l’État français est tenté d’opter pour la solution la plus radicale : remplacer la licence (qui est aujourd’hui indispensable pour ouvrir une agence de voyages) par une simple obligation de déclaration. Ce qui voudrait dire que, demain, n’importe qui (ou presque) pourrait s’improviser agent de voyages.

Pourquoi pas ? Dirons certains. Après tout la majorité des commerçants ouvrent sans demander d’autorisation à qui que ce soit. Le problème c’est que le voyage n’est pas un commerce comme un autre. Contrairement à la course de taxi que l’on paye une fois réalisée, le voyage se paie avant d’être fait. Le consommateur avancent des sommes d’argent (qui peuvent être importantes) contre une promesse de service. Autant dire que la vente de voyages suppose une bonne réputation et des aptitudes en gestion qu’il est impératif de continuer de vérifier avant l’installation.

Le gouvernement en est, bien évidemment, convaincu et il promet qu’il contrôlera régulièrement les vendeurs de voyage pour s’assurer de leur professionnalisme. L’intention est louable mais la réalité est malheureusement plus prosaïque. L’État n’a pas les moyens d’effectuer ces contrôles, sinon en s’appuyant sur les délations, ou pire encore, sur des plaintes de malversations. Bref, une fois qu’il sera trop tard.

C’est une évidence qui devrait mettre tout le monde d’accord : demain, un client doit pouvoir continuer d’acheter son voyage en toute sécurité. Il en va de la réputation de notre profession et de la protection du consommateur. Et pour cela, la solution va de soi : il faut que tous ceux qui vendent du voyage aient les mêmes obligations juridiques et fiscales.

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