Protection contre les dépôts de bilan, sur terre comme au ciel

Communiqué de presse de Richard Vainopoulos
Mardi 14 Octobre 2008

Protection contre les dépôts de bilan : sur terre comme au ciel

Et si la crise venait nous rappeler des évidences que nous avions fini par oublier ? Avec des pertes qui devraient s’élever à 5 milliards en 2008 et à 4 milliards en 2009, aucune compagnie n’est à l’abri d’un dépôt de bilan.

Depuis le début de l’année, près de 25 compagnies ont déjà mis la clé sous la porte. Des petites bien sûr, mais aussi des grandes comme Alitalia. Et pourtant… Pendant que le secteur craque de tous côtés, les compagnies n’ont mis en place aucun fond de garantie mutuelle. Une situation incroyable ! Et, disons le, parfaitement scandaleuse. Après m’être battu pour que les compagnies affichent leur prix « tout compris », je suis donc décidé à obtenir la création d’une caisse de garantie. Cela fait trois ans que je mène ce combat. Aujourd’hui, l’instauration d’une mutualisation du risque entre les compagnies n’est plus simplement nécessaire : elle est devenue tout simplement urgente.

Je l’ai écrit hier au Ministre des transports : «  Le système d’assurance mutuelle existe déjà pour les agences de voyages : il s’agit de l’Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme. La vocation de cet organisme (dont j’ai l’honneur d’être un des administrateurs) est simple : protéger le consommateur en cas de dépôt de bilan d’une agence de voyages. Quand intervient une faillite, le consommateur est assuré de pouvoir profiter de la prestation qu’il a payée ou, à défaut, d’être remboursé intégralement.

On est loin, très loin de ce niveau de sécurité pour les compagnies. En cas de faillite, le consommateur n’a aucune garantie. Ni pour faire son voyage, ni pour revenir en France, ni pour se faire rembourser. La France a donc un rôle important à jouer pour que l’Europe exige cette caisse de garantie. Financée par une taxe minime (enfin une taxe utile!), cette caisse serait obligatoire pour les compagnies low-cost comme pour les compagnies charter ou régulières. Et que ces dernières arrêtent de dire : « il n’y a aucune raison de payer pour les canards boiteux ». Car Alitalia montre que les compagnies régulières ne sont pas à l’abri. Et voici quelques années, Air France n’était pas dans une situation financière brillante. Encore une fois, plus aucune compagnie n’est à l’abri d’une faillite. La caisse de garantie est la seule réponse face à ce risque. Les agences de voyages l’ont fait sur terre. Il devient urgent de le faire maintenant dans le ciel. N’attendons plus.

Votre commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Champs requis *

*