Okipi profite de la libéralisation européenne pour escroquer des centaines de voyageurs

Une agence en ligne en faillite qui continue à vendre des voyages c’est possible. Okipi est malheureusement un exemple parmi d’autres des agences de voyages qui s’installent à l’étranger pour ne pas être soumises au droit français, un des droits les plus protecteurs d’Europe pour les consommateurs. Une tentation et un risque de plus en plus grand depuis la libéralisation des services en Europe.

Même si un week-end agréable en catalogne, ça n’a pas de prix, l’acheteur d’un tel produit ne s’attend pas à devoir payer une seconde fois sa réservation une fois arrivé à l’hôtel. C’est pourtant ce qui est arrivé à un client du site Okipi qui a eu la mauvaise surprise de constater que la réservation de sa chambre n’avait pas été effectuée par son agence, une agence par ailleurs injoignable. Seul lot de consolation, le client découvre qu’il n’est pas le seul dans cette situation. L’association UFC-Que choisir vient de recevoir six réclamations officielles de la part de victimes du même prestataire.

Pendant ce temps la vente continue

Sur les sites d’Okipi, l’agence, ou de Forfait-flash, le tour opérateur de la société espagnole CCEE, rien d’anormal. Le sérieux de la société continue même être attesté par la présence du logo du Syndicat National des Agences de Voyages. A une réserve près : compte tenu de sa nationalité étrangère, Okipi a été radiée par le conseil d’administration du SNAV au début du mois de juin. Ce qui n’empêche pas le site en liquidation judiciaire depuis le 9 juin de poursuivre les réservations… dans le vide.

Pas de recours pour les clients floués

Une situation aberrante aux conséquences désastreuses pour les clients d’Okipi. Comment un site en liquidation judiciaire peut-il normalement fonctionner et alors qu’il n’est pas en mesure d’offrir les prestations proposées ? Et quel peut être le recours des clients floués ? Quasi nul, voire inexistant. Les victimes d’Okipi tentent visiblement de joindre la société sans le moindre succès. La bataille est d’autant plus désespérée que la société est basée à Barcelone et exerçait grâce à une licence de libre prestation de service. Juridiquement, c’est donc la loi espagnole qui s’applique à cette société. Reste qu’il sera très difficile, voire impossible pour les victimes de récupérer leur argent.

Un cas d’école

Avec les forums, ce blog souhaite apporter sa modeste contribution à l’alerte des consommateurs. La seule chose que nous puissions faire aujourd’hui est d’alerter les clients potentiels des risques qu’ils encourent. Car sur son site, Okipi continue d’afficher les logos des syndicats professionnels français et espagnol. Mieux : l’agence continue de signaler fièrement qu’elle est la « Seule entreprise Européenne à bénéficier des LICENCES DES MINISTERES DU TOURISME FRANÇAIS L.P.S. 03-001 ET ESPAGNOL GC 92 MD ». Il est donc indispensable d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur le renforcement des garanties que les agences étrangères, et notamment frontalières, doivent apporter aux consommateurs Français. Si les agréments de voyage ont bien été uniformisés au sein de l’Union européenne, sur le terrain, on ne le constate pas vraiment. Okipi est un avertissement. Tenons en compte pour éviter que ce genre d’escroquerie se renouvelle à l’avenir avec la caution des pouvoirs publics en première page !

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