Nuage de cendres : les dégâts d’une gestion de crise fumeuse

A peine sortis de la crise de la grippe A et de ses dégâts économiques, voilà que nous subissons de plein fouet une nouvelle crise. Une crise réelle ? Non, et c’est bien le plus désolant.

Une nouvelle fois, l’économie est paralysée sans raison véritable, par le seul fait d’une réaction et d’une communication alarmistes de la part des pouvoirs publics. Avec cette fois, des conséquences économiques sans précédent : 148 millions d’euros de pertes par jour pour les compagnies aériennes, des dégâts considérables pour tous les acteurs du secteur du voyage, sans parler des retombées pour toutes les entreprises dépendant du fret aérien… C’est un nouveau désastre économique. Il ne pourra évidemment pas être compensé par les mesures d' »accompagnement » ou d' »indemnisation » évoquées par l’Europe et le gouvernement français pour tenter d’éteindre l’incendie qu’ils ont allumé, ou du moins attisé, bien au-delà de la puissance du volcan islandais…
Sur quelles bases la décision de fermer la plupart des aéroports d’Europe a-t-elle été prise ? La réponse, que nos gouvernants ont maladroitement tenté de cacher, est : aucune. Le premier vol-test n’a été réalisé que trois jours après cette décision, les premiers véritables prélèvements au bout de quatre jours seulement. Ils ont d’ailleurs conclu à l’absence de danger. Au nom du risque zéro pour la sécurité des personnes, les Etats ont fait subir à l’économie mondiale non un risque, mais une catastrophe majeure. La première chose à faire avant de prendre une mesure d’une telle gravité n’est-elle pas d’évaluer les conséquences prévisibles des deux options, maintien ou arrêt du trafic aérien ? Les pouvoirs publics n’ont évalué le risque d’aucune des deux mais ont prétendu l’avoir fait, sans d’ailleurs convaincre personne. Pathétique était l’interview de Jean-Louis Borloo dans le Journal du Dimanche du 18 avril. Le ministre a cherché à faire croire qu’il disposait d’éléments de décision alors qu’il n’en avait aucun. Quel aveu d’incompétence quand on en est réduit à répondre aux interrogations par cette phrase : « personne ne sait comment éteindre un volcan » ! Et quand, au cours d’une même interview, on ose affirmer une chose et son contraire ; verbatim : « cela peut s’arrêter lundi » ; « cela peut aussi durer plus longtemps » ; les vols reprendront, soit « quand le volcan cessera d’émettre » soit « quand les particules seront moins denses », moyennant toutefois des « conditions » sur lesquelles on ne nous donne pas le plus petit début de détail…
Les crises se succèdent, les erreurs aussi, de plus en plus lourdes de conséquences. Quand cessera cette gestion irresponsable, fondée sur un « principe de précaution » cachant une indigence de la pensée doublée d’un manque total de transparence ? Il est urgent de mettre en place une politique du risque pour mettre fin à ces drames économiques qui, depuis quelques années, s’enchaînent à un rythme accéléré.

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