Marché du voyage : ce qui se cache derrière la crise

Le réseau TourCom a consacré le Forum de sa XXIIème Convention aux nouveaux modes de consommation du voyage. Plusieurs intervenants ont débattu des effets de la crise et de l’Internet sur les habitudes des consommateurs et sur les modèles économiques des acteurs touristiques. Ce forum n’avait pas pour objectif de savoir qui des TO ou de la distribution survivra, mais comment chacun pourrait tirer profit des opportunités offertes par le marché du voyage aujourd’hui.

LES CONSOMMATEURS CHANGENT

Contrairement aux idées reçus, la crise n’impacte pas autant qu’on le pense le secteur du voyage. Pour Flavien Neuvy, responsable de l’observatoire Cetelem, d’autres secteurs sont beaucoup plus touchés comme le textile : « Depuis 5 ans, les consommateurs font tout pour maintenir leurs dépenses de loisirs et de voyages, la crise y a même paradoxalement contribué en renforçant le besoin d’évasion.»

Je partage totalement cet avis. La crise n’a pas entrainé un effondrement du marché et, malgré les difficultés financières des ménages,  44% des français partent toujours en vacances.

Mais les attentes se diversifient.

Certains voyages continuent de relever d’un achat d’impulsion, avant tout basé sur le prix, mais on observe parallèlement une croissance des achats raisonnés de la part de clients, qui ne veulent surtout pas prendre le risque de rater leurs vacances.

C’est sur ce type de produits que les agences doivent savoir se positionner. Pour une raison simple : les agences ont la disponibilité nécessaire et le contact sur le terrain avec leurs clients pour construire avec eux leurs voyages.

LES ACTEURS S’ADAPTENT PLUS OU MOINS VITE

Ces évolutions des modes de consommation du voyage impliquent une clarification de l’offre entre Tour-Opérateurs et agences de voyages.

Côté agence, TourCom est l’unique réseau volontaire à pratiquer du sur-mesure sécurisé et est aujourd’hui leader sur ce marché aux côtés des 15 points de vente de Voyageurs du Monde. Ce succès repose sur des accords à l’international avec des réceptifs de qualité et sur une équipe dédiée au sein du service « TourCom Réceptifs ». C’est aujourd’hui le modèle le plus rentable pour les agences de voyages, qui peuvent dégager des marges importantes sur ces produits haut-de-gamme pour investir davantage et développer leur activité.

C’est une tendance qui n’est pas spécifiquement française. Cécile Mariani directrice des opérations du premier réseau d’agences de voyages allemand RTK, l’observe également outre-Rhin : «  Les TO allemands proposent un forfait auquel les agences agrègent de plus en plus souvent des prestations complémentaires : excursions, locations de  voitures, conciergerie. »

Pour Daniel Cohen, deux conditions doivent être remplies pour que les producteurs  tirent eux aussi leur épingle du jeu : mettre fin à la surcapacité de l’offre qui tire le marché vers le bas et investir massivement dans les nouvelles technologies. Cela passe notamment par l’adoption du yield management, expérimenté depuis plus de 5 ans en Allemagne.

Les économistes, Philippe Moati et David Thesmar, ont de leur côté invité les professionnels à faire leur révolution en passant d’une culture du chiffre, à une culture de la marge et d’une culture produit à une culture client. Deux objectifs auxquels je souscris pleinement.

Aujourd’hui les choses sont claires.

Pour les années à venir, deux types d’offres se distinguent: les produits de masse pour les TO d’un côté et le sur-mesure des agences traditionnelles de l’autre. Il n’est plus temps de tergiverser : les agences de voyages doivent prendre pleinement conscience de cette nouvelle donne et agir rapidement avant qu’il ne soit trop tard.

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