Hôtellerie en France : il est temps de se réveiller !

Alors que le gouvernement annonce un rebond de la fréquentation hôtelière en 2010, les professionnels de l’hébergement touristique se disent plus pessimistes que jamais. Inadaptée, peu lisible, qu’en est-il vraiment de l’offre hôtelière en France ?

Après une année 2009 difficile, la fréquentation des hôtels français a connu une hausse globale de 4,4% de novembre 2009 à novembre 2010. Ces chiffres doivent cependant être nuancés. Les clientèles d’affaires et les clientèles des pays émergents, qui tirent la fréquentation hôtelière vers le haut, ciblent en effet de façon systématique les hôtels haut de gamme : ce sont donc essentiellement ces derniers qui voient leur taux d’occupation repartir à la hausse, alors que celle des segments moyens et bas de gamme tend à stagner.

Il y a trois ans, j’avais dénoncé sur ce blog les exigences insuffisantes du nouveau classement hôtelier pour les catégories 4 et 5 * au regard des attentes des nouvelles clientèles étrangères qui représentent l’avenir du tourisme français. La catégorie « palace » a permis de créer un nouveau niveau d’excellence hôtelière, susceptible de concurrencer les établissements équivalents dans les destinations concurrentes.

Mais qu’en est-il de tous les autres établissements ? Les professionnels de l’hébergement dénoncent un calendrier de réformes et de mises aux normes très lourd : nouveau classement, accessibilité handicapés, sécurité incendie. Ils alertent les pouvoirs publics sur le manque de moyens des propriétaires, en particulier les indépendants et les ruraux, pour faire face à ces nouveaux investissements.

Alors que seuls 800 hôtels sur les 12000 existants seraient parvenus à obtenir leur nouveau classement en deux ans, les représentants de l’hôtellerie annoncent que de très nombreux propriétaires envisageraient de fermer d’ici à cinq ans en raison de leur incapacité à se mettre en conformité avec la loi !

Ce discours alarmiste semble avoir trouvé une oreille attentive en la personne du secrétaire d’Etat au Tourisme, qui annonce qu’une concertation est en cours pour aménager les calendriers de mises aux normes. Mais cette réceptivité du gouvernement est-elle une bonne chose ? En permettant de reporter des investissements, indispensables parfois non seulement sur le plan de la qualité de services mais aussi de la sécurité des clients, elle ne pourra que contribuer à creuser l’écart entre une offre hôtelière de standing international encore rare et un parc hôtelier français majoritairement vieillissant et inadapté aux attentes des nouvelles clientèles de la France.

Ce sont pourtant ces attentes qui doivent guider la réforme de l’ensemble du parc hôtelier français, indispensable pour ancrer les hôtels français et plus généralement la destination France dans le tourisme mondial d’aujourd’hui. La France a besoin d’une hôtellerie très haut de gamme, elle est en voie de structuration. Elle a aussi besoin d’un réseau hôtelier moyen de gamme de qualité, dont la mutation est indispensable.

Votre commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Champs requis *

*