ADP face à la neige : bis repetita ?

Comme on pouvait s’y attendre, le rapport du Conseil Général de l’Environnement et du Développement durable sur le fonctionnement de Roissy lors de l’épisode neigeux des 23 et 24 décembre a souligné plusieurs dysfonctionnements de la part d’ADP, entre autres. En conséquence, les ministres concernés ont demandé «la mise en place rapide» de pas moins de 18 mesures, avec «mise en œuvre prévisionnelle» l’hiver prochain ! Le gouvernement table donc sur une fin d’hiver sans flocons…

Rares sont certainement ceux qui ont pris le temps de lire le rapport du Conseil Général de l’Environnement et du Développement dans son intégralité. Sa lecture est pourtant tout à fait passionnante, tant pour le bilan clair et complet qu’il dresse du dispositif prévu à l’aéroport de Roissy lors d’un épisode neigeux et du parallèle qu’il établit avec plusieurs autres grands aéroports européens, que pour la chronologie extrêmement précise qu’il présente de la gestion des chutes de neiges de décembre, et surtout des faiblesses de cette gestion.

Les auteurs du rapport confirment le manque d’anticipation d’ADP. Ils soulignent que si des retards étaient inévitables et peuvent être acceptés, le débarquement de passagers après plusieurs heures d’attente dans les avions aurait pu, lui, être évité. Enfin, ils font vingt propositions qui visent à « suréquiper » Roissy pour mieux faire face à une situation exceptionnelle, à améliorer la gouvernance et en particulier la fluidité des échanges en temps de crise, et enfin à mieux informer les passagers… Le CGEDD ne précise malheureusement aucune échéance pour la mise en œuvre des mesures qu’il préconise.

Le gouvernement a repris à son compte la plupart de ces propositions, mais n’hésite pas, lui, à proposer un calendrier pour un certain nombre d’entre elles. Surprise : l’augmentation de la capacité de stockage de glycol, qui semblait une priorité, peut attendre l’hiver prochain, tout comme l’amélioration du déneigement des aires de dégivrage, pourtant l’un des points noirs de la crise. Deux autres mesures importantes ne se voient fixer aucun délai : l’instauration d’une meilleure gouvernance pour améliorer la réactivité de la chaîne de commandement et l’engagement de la France à défendre devant la Commission européenne l’obligation pour chaque compagnie de disposer d’un chef d’escale dans les principaux aéroports.

Les seules mesures à mettre en place dès cet hiver sont donc les suivantes :
– L’équipement de six aires de parking des avions pour permettre d’y réaliser le dégivrage des avions en attendant la construction de nouvelles aires : mais cela est-il pertinent en l’absence de matériel ou de stock de glycol supplémentaires : disperser les moyens permettra-il de limiter l’accumulation des retards ?
– L’information des passagers par le biais d’écrans vidéo, sur les sites Internet des aéroports et les réseaux sociaux : les passagers qui ont déploré la faiblesse des échanges humains en décembre en sont pour l’instant pour leurs frais,
– Et la diffusion de films dans les salles d’attente, en cas de retards importants…

Ces deux dernières mesures ressemblent à des aveux de faiblesse et seront certainement insuffisantes pour calmer le mécontentement prévisible des passagers si les dysfonctionnements de décembre devaient se renouveler en cette fin d’hiver, en l’absence de véritable plan neige à effet immédiat.

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