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Low cost versus compagnies régulières : le match reste ouvert – publié par Les Echos

-29 mars 2017 dans Le marché du tourisme

Longtemps présentées comme le danger absolu pour les compagnies classiques, les compagnies low cost sont loin d’avoir gagné la bataille du trafic aérien.

En l’espace de 15 ans, les low cost ont imposé avec succès un nouveau modèle aérien très agressif sur les vols dits « de point à point », court et moyen-courrier. Résultat : la part de marché des low cost dans le trafic aérien mondial de passagers est de 28 %. Il a même franchi pour la première fois la barre du milliard de personnes en 2016.

Les low cost encore très orientés vers la clientèle loisirs

Toutefois, le succès de cette stratégie s’est construit sur un modèle dont le potentiel de croissance arrive aujourd’hui à épuisement. Mêlant à la fois utilisation d’une flotte d’avions pas jeunes, coûts serrés, rotations rapides dans les petits aéroports et formule du tout payant, les low cost ont bâti leur développement sur une clientèle de loisirs durant les années 2000. En pratiquant des prix bas – de l’ordre de 80 euros pour easyJet et de 40 euros pour Ryanair -, en échange d’une prestation minimaliste, les low cost ont séduit une clientèle de passagers qui ne voyageaient pas ou qui utilisaient d’autres moyens de transport comme les jeunes.

Mais l’ensemble des lignes sur ce créneau sont aujourd’hui saturées et les possibilités d’ouverture de nouvelles lignes devenues rares. Dans le même temps, de nombreuses low cost ont continué de croître en procédant à des investissements : 450 avions pour Ryanair et 300 pour EasyJet sont prévus à l’horizon 2020. La cible de la clientèle de loisirs, très sensible au prix des billets et marquée par une forte saisonnalité, oblige même certaines compagnies à clouer au sol leurs avions durant l’hiver. Tout cela finit par devenir coûteux…

Pas si simple de s’attaquer au voyage d’affaires

Pas simple de séduire la clientèle la plus rentable : celle des affaires. Souhaitant élargir leur clientèle, de nombreuses compagnies low cost se sont attaquées au segment des grands aéroports en concurrençant directement les compagnies traditionnelles sur leur terrain. La stratégie opérée par les low cost a consisté à augmenter leurs capacités sur des lignes où les opérateurs classiques étaient et en situation de fragilité.

Seulement, c’est une bataille sur la durée qu’il convient de mener. S’attaquer aux grands aéroports pour les low cost nécessite de repenser leur modèle en le rendant plus qualitatif et plus coûteux en réalité. Séduire une clientèle d’affaires revient à proposer une offre fiable, souple pour les modifications de billets, ponctuelle, rapide, qui propose des routes directes, une prise en charge en cas d’avaries, et qui soit bon marché, rationalisation des coûts oblige. Il convient en outre de proposer des fréquences quotidiennes et suffisantes sur les lignes à fort trafic, et des horaires qualitatifs. C’est à ce prix que se gagne sa fidélisation ! Or tout cela a un coût. Et dans les faits, elles en mesurent tous les jours les difficultés de ce basculement.

La multiplication des retards de vols, les annulations et autres pertes de bagages complexifient le repositionnement stratégique des low cost. Sur l’année 2016, à titre d’exemple, les retards cumulés de Ryanair représentent 7 ans et demi !

Les compagnies régulières se sont mises au low cost

Sonnées et confrontées à une crise structurelle très profonde de leur mode de fonctionnement, les compagnies classiques ont mis du temps à réagir à cette concurrence. À force de restructurations et de gains de productivité, elles ont comblé l’écart de rentabilité avec les low cost en diversifiant leurs modèles. Elles misent pleinement aujourd’hui sur le passage à un modèle low cost, pour le trafic en point à point à tout le moins, à l’instar de la Lufthansa avec Eurowings, de British Airways avec Vueling, et dans une moindre mesure, d’Air France avec Transavia. Tant et si bien que l’ambition des low cost d’atteindre une taille critique dans les aéroports principaux pour faire basculer dans quelques années l’ensemble du trafic point à point dans leur escarcelle n’est pas encore gagnée.

En réalité, c’est bien l’écart entre les compagnies traditionnelles et les low cost qui a de plus en plus tendance à s’estomper aujourd’hui depuis que ces dernières ont fait le pari d’une montée en gamme. Mais la percée des compagnies régulières sur le marché du low cost n’est pas encore gagnée et celle que tentent de faire aujourd’hui les low cost sur celui des compagnies régulières loin d’être évidente. Autant dire qu’aujourd’hui, le jeu reste encore très ouvert…

Richard Vainopoulos

 
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Les touristes reviennent en Ile-de-France. Mais pas à Paris. Merci qui ?

-29 mars 2017 dans Le marché du tourisme

En matière de tourisme, Paris ne subit plus le contrecoup des attentats. La preuve ? Les voyages d’affaires augmentent fortement en 2016 ! De quoi être optimiste ? En fait pas vraiment. Car du côté des voyages de loisirs, la baisse déjà constatée en 2015 se confirme sur Paris intra-muros en 2016. Une baisse de -1,6% pour le moins bizarre si on observe que la fréquentation des touristes reste stable en petite couronne et progresse même en grande couronne de plus de 4%.

Face à la reprise actuelle du tourisme, la politique anti-voiture et anti-autocar de la ville de Paris finit par payer: les groupes de touristes se risquent de moins en moins à circuler dans la capitale. Les bouchons rendent les temps de trajet trop aléatoires. Quant aux conditions de stationnement, elles sont devenues un véritable enfer, qu’il s’agisse de trouver une place (passés globalement de 167000 en 2005 à 141000 en 2016) ou du montant des tarifs de stationnement qui ont littéralement explosé ces dernières années. Anne Hidalgo a d’ailleurs annoncé qu’elle allait tripler les amendes sur les arrondissements centraux et les doubler dans ceux de la périphérie.

Résultat : les touristes asiatiques et notamment chinois qui se déplacent majoritairement en groupe et donc en autocars viennent beaucoup moins nombreux en France. Trop compliqué, trop cher. Conséquence : une perte sèche pour Paris qui pénalise l’ensemble de l’Ile-de-France et de la France. Alors merci qui ?

 
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Tout faire pour que Paris reste le leader mondial du tourisme

-10 février 2017 dans Le marché du tourisme

Madame Hidalgo serait-elle fâchée avec les touristes, la fiscalité et les entrepreneurs ? Une chose est sûre, tous les efforts de communication déployés par l’Hôtel de Ville pour relancer le tourisme, premier secteur d’activité de la capitale, relèvent plus d’une opération politique que d’une réelle dynamique économique impulsée par la majorité municipale.

En effet, les récentes mesures prises par l’exécutif municipal visant à tripler le prix des places de stationnement pour les autocars, à interdire, à compter de 2020, la circulation de tous les cars circulant au diesel dans la Capitale, à fermer les voies sur berge et à ouvrir les magasins le dimanche, témoignent du peu d’intérêt que manifeste l’actuelle équipe municipale pour le développement économique de Paris et attirer les flux touristiques mondiaux.

Paris, autrefois première destination touristique du monde est aujourd’hui à la traîne. Elle est rattrapée par des villes comme Londres en termes d’accueil de visiteurs. Tout cela parce que lorsque les grandes Capitales se mobilisent pour structurer des offres touristiques attractives et compétitives, la Maire de Paris se complaît dans une analyse dépassée du monde et une incapacité à prendre en compte les évolutions des modes de vie urbains et les attentes de ses visiteurs.

Tout semble fait pour décourager le tourisme et le développement économique. Les causes de ce recul ne sont pas à chercher dans les seuls et dramatiques attentats survenus fin 2015. Les conséquences de ces choix désastreux sont qu’aujourd’hui les touristes fuient Paris ou y réduisent leur durée de visite et que les agences de voyages y vendent de moins en moins de séjours.

Les autocaristes n’ayant plus la possibilité de déposer les touristes devant leurs hôtels et ne pouvant pas non plus stationner leurs véhicules sur des parkings dédiés, faute de places prévues par Mme Hidalgo, sont condamnés à tourner en rond dans la Capitale et à augmenter les émissions de gaz. De même, le couperet de 2020 les obligeant à ne plus circuler avec des véhicules équipés en diesel, aux dernières normes européennes, les condamne à renouveler leur parc de cars à marche forcée, et à subir la concurrence directe d’autocaristes européens et internationaux qui leur rachètent leurs anciens véhicules, pourtant interdits par la Mairie de Paris ! L’idéal serait le recours aux autocars hybrides, mais le seul problème est que ces véhicules n’existent pas pour les longues distances.

Plus généralement, cela fait quelques années que les commerces parisiens subissent des augmentations de recettes dites de « poche » : droits de terrasse, droits de voirie, taxe d’enlèvement des ordures ménagères, taxe sur les enseignes publicitaires, taxe de séjour, rien n’y échappe. Et la soi-disant stabilisation des taux de fiscalité directe sur le budget 2017 de Paris, droits de mutation exceptés, ne doit pas masquer leur compensation par l’élargissement des bases fiscales et l’augmentation exorbitante des taxes (taxe de séjour, coût du stationnement, tarifs des services municipaux…) ni l’imagination comptable dont fait preuve la Mairie, pour parvenir à boucler son budget, en inscrivant dans ses recettes de fonctionnement les loyers capitalisés sur 50 ans des logements qu’elle conventionne pour les transformer en logements sociaux.

La volonté de la Ville de Paris de faire de la Capitale une Cité ressemblant à celle de Rome, est un pari très risqué, dans la mesure où la capitale italienne connaît une situation économique catastrophique. La Mairie de Paris ne pourra pas continuer à recourir systématiquement à l’augmentation de la pression fiscale.

Seule l’union de tous les acteurs économiques du tourisme et des loisirs peut parvenir à faire entendre raison à une municipale qui refuse tout vrai dialogue.

 
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La fermeture des berges : encore un mauvais coup contre le tourisme

-3 octobre 2016 dans Le marché du tourisme

Les professionnels du tourisme s’ajoutent à la longue liste des professionnels opposés à la fermeture des berges de Seine : MEDEF, FNTV, Taxis, commerçants… Pour richard Vainopoulos, président du réseau d’agences de voyages TourCom, cette fermeture fera du transport des visiteurs un enfer dans la capitale à un moment où Paris souffre déjà d’une désaffection des touristes.

La Mairie de Paris s’enferme dans une un modèle de gestion de la ville totalement utopiste : ne plus avoir de voitures dans la capitale. Malheureusement, la mise en place des « boulevards civilisés » ou l’aménagement des nouvelles places publiques démontrent le contraire : non seulement il y a toujours autant de voitures, sinon davantage avec les électriques,  mais en plus le nombre et la durée des bouchons ont explosés ! » Le commission d’enquête publique confirme ces craintes : trois quart des voitures qui ne pourront plus emprunter les berges se rabattront sur le Marais et les 5e et 6e arrondissements.

Les TO étrangers boudent de plus en plus Paris

La ville est déjà devenue impraticable pour les autocars. Alors que ceux-ci transportent 200.000 touristes par jour en pleine saison, seuls 400 places leurs sont encore réservées intra-muros. Ils ne peuvent pas accéder aux couloirs de bus, ce qui rallonge la durée des trajets, et leurs tarifs de stationnement ont été multipliés par trois l’année dernière. Des difficultés qui ont incité les voyagistes étrangers à privilégier les hôtels périphériques, à la fois plus simples d’accès et de stationnement. Désormais, les autocars déposent puis récupèrent leurs passagers dans un laps de temps limité, laissant généralement aux touristes le soin de marcher plusieurs dizaines de minutes.

- 30 % de chiffre d’affaires pour l’hôtellerie-restauration

Ces choix politiques ont provoqué une forte régression des séjours touristiques et des congressistes dans la capitale. L’hôtellerie et la restauration en ressentent d’ailleurs durement les effets. Et ce n’est qu’un début : avec la fermeture des berges, le pire est à venir. D’après les premières études, cette fermeture entraînera une diminution de 20% à 30% du chiffre d’affaires des commerces liés au tourisme. Paris a tort d’imaginer qu’elle est une ville incontournable. Les difficultés de circulation sont devenues telles que les TO étrangers, notamment asiatiques, prévoient de réduire leurs séjours sur Paris au strict minimum, et ce d’autant plus que le dimanche la capitale ressemble à une ville morte. Moins de touristes c’est moins de recettes. Dans le contexte économique actuel, c’est une véritable aberration. Surtout à l’heure où le ministre des affaires étrangères, J-M. Ayrault, propose une enveloppe de 500 k€ pour redynamiser le tourisme….

 
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Paris : quand la ville lumière se métamorphose en village pour bobos – publié sur Atlantico

-23 août 2016 dans Le marché du tourisme

Accès de la capitale toujours plus difficile et fermeture de la grande majorité des magasins le dimanche : on voudrait dissuader les touristes de venir à Paris qu’on ne s’y prendrait pas autrement ! Une perte de richesse considérable pour la capitale mais une aubaine pour Londres !

(Ce billet est également disponible sur Atlantico)

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Tourisme : Iran ou Iran pas ? – publié sur le Huffington Post

-23 août 2016 dans Le marché du tourisme

L’arrivée du réformateur Hassan Rohani à la tête de l’Iran et la levée des sanctions diplomatiques ouvre de nouveau la voie au tourisme. Mais de nombreux défis restent à relever avant que le pays devienne une destination phare…

(Ce billet est également disponible sur le Huffington Post)

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Partenariat Abritel – UEFA : Les Français se sont fait avoir comme des bleus !

-25 avril 2016 dans Communiqués

L’UEFA aimerait-elle être un paradis fiscal ? Après avoir obtenu du Gouvernement l’exonération de ses filiales françaises, l’UEFA choisit comme sponsor un groupe américain connu pour sa réticence à collecter la taxe de séjour ! En attendant que les matchs commencent, les élus français – eux – ont le sentiment de s’être bien fait avoir. A quand une question au Gouvernement sur cette affaire ?

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Le business génialement immoral d’Airbnb

-21 janvier 2016 dans La protection du consommateur

(Ce billet est également disponible sur Slate.)

Avoir une bonne idée et se faire beaucoup d’argent sans innover ni prendre de risque. Certains en rêvent. Airbnb l’a fait.

Les fondateurs d’Airbnb ont de quoi être satisfaits. Crée en 2008, leur site propose aujourd’hui plus de 1,5 million d’annonces dans 34.000 villes et 192 pays. À la base de leur business, une bonne idée: permettre à n’importe quel particulier de louer un bien immobiliser pour se faire un peu d’argent ou séjourner à l’étranger. Le genre d’idée qui aurait pu donner lieu à la création d’une entreprise collaborative si les fondateurs d’Airbnb ne l’avaient transformé en une société de courtage extrêmement profitable mais surtout totalement imprudente. Non que le risque n’existe pas –il est même plutôt élevé – mais les dirigeants se sont arrangés pour le faire porter intégralement par d’autres qu’eux. Si on y ajoute une main d’œuvre gratuite, une valeur technologique proche de zéro, on comprend aisément combien le succès d’Airbnb reste fragile.

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La mairie de Paris doit aussi arrêter son partenariat avec AirBNB

-22 décembre 2015 dans Communiqués

La plateforme AirBNB ne répond pas à l’exigence de professionnalisation du tourisme français. La rentabilité de son business model repose sur l’exploitation de l’amateurisme et le développement de la location illégale. De très bonnes raisons pour qu’après la SNCF, la mairie de Paris renonce à son partenariat avec AirBNB !

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Plus de touristes en France ? Une fausse priorité !

-12 octobre 2015 dans Le marché du tourisme

Le Ministre des Affaires Etrangères vient d’annoncer vouloir débloquer 1 milliard d’euros pour atteindre la barre des 100 millions de visiteurs par an à horizon 2020, contre 80 millions aujourd’hui. Encore une fois, nos politiques se trompent d’objectif en matière de tourisme en voulant privilégier le volume sur les recettes. La France n’a pas besoin de plus de touristes, elle a besoin que ses touristes dépensent plus.

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